Mardi 22 janvier 2008 2 22 /01 /Jan /2008 18:36

Tissage - Toile

    Grâce à « Aucassin et Nicolette », la chanson de geste trouve la liaison avec le roman. Par la voie de la chanson de Trouvère appelée «  chanson d’histoire » ou « chanson de Toile » débute le roman à l’eau de rose. C’est l’appellation chanson de toile qui a retenu mon attention. La Belle qui raconte l’histoire file et tisse en attendant son amoureux parti à la guerre, mieux à la croisade… Le seul Trouvère, auteur de « chansons de toile » que nous connaissons est Audefroi le Bâtard. Ses chansons sont de touchantes narrations d’amours légendaires qui s’accordent avec la tradition folklorique du XIIIème siècle, « Belle Yolande », « La fille du roi et le méchant mari », « Belle Doette », « Argente ou l’épouse outragée »

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Musiciens de l’époque médiévale

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Lorsque j’ai fait la connaissance d’Esther Lamandier, elle donnait un récital de chants araméens à l’abbaye de Sénanque (Vaucluse). Elle s’accompagnait d’une harpe semblable à celle-ci.


 
    A cette époque, j’étudiais les rapports qui pouvaient exister entre le texte, le textile et la tessiture de la voix. Esther (www.estherlamandier.com)  avait enregistré des « Chanson de toile » et nous avions beaucoup parlé de nos recherches respectives. Souvent nous étions interrompues par le Père Grégoire, hermite du lieu , qui se moquait de notre sérieux. Elle chantait « La ville des Saintes », et c’était beau.

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Série "Chansons de toile", 1986

    Le tissage, le tissu, ont jalonné ma vie de façon exemplaire ! Lorsque je faisais du tissage et de la tapisserie, le plus beau tissu que j’aie produit s’appelait « Roues sur le Chemin de Belle-Île ». Il m’en reste un morceau, bien rangé. Mais où ? Le tissage est un travail de création, un enfantement.

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J’ai retrouvé le morceau de tissage « Roues de chariot sur le chemin de Belle-Île ».
(Années 70)


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  Autres tissages de la même période (années 70).

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  Le temps semblait suspendu quand le métier était tendu par les fils de chaîne.
 
  Le tissu terminé, on coupe les fils qui le retiennent au métier.

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Lorsque je « rentrais » dans le métier à tisser, j’avais l’impression

de m’isoler du monde entier.       

Tisser, c’est créer des formes nouvelles. Je fabriquais des vêtements rustiques.


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Toisons non filées et laines naturelles.

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   Laine filée à la main et teintures végétales


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Je filais la laine avec ce rouet fabriqué par mon père


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Un vieux tissu n’est pas nécessairement ancien.

undefined Dès qu’il est usagé, raccommodé, effiloché, troué, il attire mon attention


    Pendant plus de dix ans, j’ai fabriqué des tissus, ceux qui sont restés sont vieux et souvent usagés. J’ai incorporé des sets de table en lin au motif « ceinture de moine » dans une toile : « Les Grandes Dames jaunes ».
    Le tissage est un enchevêtrement de matières filiformes qui se transforment en surface plane.

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L’Armure-Toile, Maaseh Oreg en hébreu, est le tissage que je préfère.
Il fournit le tissu simple de la vie quotidienne.


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Ce « tissu idéal » se retrouve dans la toile « Cadeau aux mariés de Mèze ».

 

    Je garde des morceaux de lin épais, de coton, les plus rustiques possibles. Madame Pélissier, ma couturière de voisine, m’en fournit tant et plus.


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Toile rustique bordée de dentelle au point d’Irlande



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« Sainte Ursule ». Restes de tissages de lin coloré à la cochenille

    Lorsque j’ai commencé à véritablement peindre, l’armure-toile a été décisive dans mes créations picturales. J’ai beaucoup tressé de papiers, de métaux, de tissus…

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Graphisme reprenant l’organisation toile + texte (1986)



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Tressage de bandes d’anciens dessins.


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Illustrations pour « Les Psaumes ».


undefined Gravure sur bois



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Pierre noire



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Pastel


undefined Encre



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Encre



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Encre



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Encre



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Encre – aquarelle



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Encre – aquarelle



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Encre sur papier de soie



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Encre sur papier de soie



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Encre sur papier de soie



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Le cocon de Marie l’Egyptienne était à l’origine un grand dessin-tressage transformé en un volume puis devenu le corps de la sainte.

 

    Symbole du destin, fils, tissus, métiers à tisser, servent à désigner tout ce qui intervient dans notre vie. C’est aussi une histoire qui remonte à la nuit des temps.





Par Catherine Beaucourt - Publié dans : Histoire du tissu
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Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /Oct /2007 12:12

A PROPOS DE " L'ELEVATION DE LA CROIX " DE P. P. RUBENS

INTRODUCTION

 

         Au mois de juin dernier, Monsieur Motré, Inspecteur Académique, nous a informé du choix de la nouvelle œuvre inscrite dans le programme limitatif à l’option Arts Plastiques du baccalauréat 2008 : le triptyque de « l’Élévation de la Croix » de P. P. Rubens à Anvers.

 


DSCN7359-copie-1.JPG Détail du panneau central

    Eric Barthélémy, agrégé d’Arts Plastiques, avait planché sur le sujet et préparé une intervention. Peu concernée par le programme, puisque j’arrête d’enseigner, j’écoutais, curieuse cependant, car il s’agissait d’Anvers, la ville de mes rêves et de mes réalités. J’habite la Provence, et lorsque j’annonce mon désir d’habiter les Flandres, on se moque ! Certes, y habiter, mais pas tout le temps…

 



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Façade sur la Place Verte


PICT0490.JPG Le Steen



PICT0602.JPG L’Escaut



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La Cathédrale


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Le Steen


DSCN3882.JPG L’Escaut

DSCN3894.JPG La Cathédrale



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Temps clément… Il ne pleut pas encore.


DSCN3586.JPG Brume et crachin en février

DSCN3712.JPG La Maison Plantin-Moretus

    Monsieur Motré a parlé de Sainte Walburge, j’ai compris que j’étais très impliquée puisque je travaillais alors sur une sculpture : « Le débarquement de Sainte Walburge à Anvers ». Ce travail est parti début août pour Toulouse. J’avais également une série de travaux sur « les voyages » de cette même sainte.
         J’ai glané quelques informations auprès d’amis, je les communiquées à Monsieur Motré, mais c’était truffé d’erreurs car issues de traductions du néerlandais plus qu’approximatives.
         J’ai promis des recherches plus abouties pour la fin de l’été, les voilà.
         J’ai orienté ce travail sur la commande, la présentation d’après une représentation, la restauration, les hommes de dos… des pistes sans plus.
         Mais ce sont les quatre saints représentés au revers des volets qui correspondaient à mon travail pictural et qui ont retenu mon attention, Théodechilde de Jouarre avait fait l’objet d’un travail il y a deux années, Sainte Gudule également. C’était dans la lignée, et particulièrement Sainte Walburge : l’église détruite était un mystère.
         Pour obtenir tous ces renseignements, j’ai eu des « fournisseurs » d’élite tel Paul Hendricx, historien d’Anvers, Brigitte Rickaert, toujours à l’affût et toujours disponible, Marleen Clercx, spécialiste de la ville et du vieux flamand, Willy et Danielle Clercx, ses parents, maintenant des amis. Danielle a fait des recherches avec son fils au Rubenianium, le centre d’Art Baroque Anversois. Nous avons passé des soirées délicieuses et passionnantes dans le jardin cet été.
         Je ne peux omettre Godelieve, mon amie et patiente traductrice, capable de faire du ciment et de la traduction en même temps. Sans elle, Anvers me serait totalement inconnue.
         Et bien sur Jean-Pierre sans qui je n’aurais jamais rien fait, ni peinture, ni sculpture, ni rien.
         En écrivant cette réflexion, j’ai beaucoup pensé à Célia, Marie, Claire, Estelle, Luc et Gaby, Cécile et Clémence.

Les Beylons, le 1er septembre 2007

 

 

Par Catherine Beaucourt - Publié dans : Rubens
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Mardi 16 octobre 2007 2 16 /10 /Oct /2007 18:29
A PROPOS DE " L'ELEVATION DE LA CROIX"  DE P. P. RUBENS

LE CONTEXTE HISTORIQUE

        

         Vers 1560, Anvers était une des plus grandes villes du monde car elle comptait plus de 100.000 habitants.

DSCN7689.JPG Les Flandres au XVIème siècle.
Carte tirée de Guichardin, imprimée à Anvers par Plantin en 1588.



DSCN7613.JPG P. Brueghel, détail de « La grande tour » (1563).
«  A ce jour, Anvers compte 13 500 maisons » écrit Ludovico Guiccardini, diplomate italien en 1563.

        
   
La ville devint la première métropole commerciale de toute l’Europe occidentale lorsqu’on abandonna les anciennes routes maritimes pour contourner l’Afrique et traverser l’Atlantique. Venise et Gènes perdirent de leur importance.


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Détail de la Grande Tour de P. Brueghel.


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Plus de cent navires accostaient chaque jour dans le port fluvial.
Les « Kraeks » des Flamands transbordaient leur chargement sur des radeaux à fond plat.


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Port d’Anvers »
Gravure anonyme du XVIIème siècle.
Plus de mille négociants exportaient de la bière, des tapisseries, de la toile de lin…


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… des articles en or et en argent comme ce pendentif
en forme de nef, émail, or et perle baroque (fin XVIème).


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On exportait des faïences d’Anvers fort recherchées.
Chevrette XVIème/XVIIème siècle.


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On échangeait dans le port du vin français, du blé de la Baltique, des soieries italiennes, du verre vénitien, des épices des Indes et des vases d’Extrême-Orient.
Vase de la collection Plantin-Moretus.


Bourse d’Anvers au XVIème siècle. La ville est un haut lieu de la finance.

    Les maisons de commerce envoyaient leurs représentants à Anvers qui attirait ces étrangers grâce à des privilèges, tout en les considérant avec méfiance. Ville cosmopolite, elle fut vite comparée à la Tour de Babel.

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Porte d’Anvers au début du XVIIème siècle. La célèbre grue.

    Cette prospérité fut anéantie par l’invasion espagnole. La mainmise de l’Espagne fut catastrophique, le pays divisé. Les Provinces unies, au nord, avaient adopté la doctrine de Calvin. Le sud était sous contrôle direct de l’Espagne catholique. 

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Les dégâts du siège espagnol furent terribles.
Les émeutes de novembre 1573 ont anéanti la ville et ont mis fin à sa prospérité.


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Scène de massacre sur les rives de l’Escaut où des milliers de personnes furent tuées.

    L’Escaut, tombé aux mains des Hollandais, privait la ville de tout échange maritime ; elle fut détrônée par Amsterdam. Les maisons tombèrent en ruine, la ville fut abandonnée : famine, épidémies…


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Jacob Grimmer « Anvers vue du Kiel (1578).

Sur la route de Hoboken, on voit dans le lointain la ville avec les décombres de la citadelle détruite en 1577 et devenue une colline pleine de verdure. Beaucoup de maisons sont en ruine autour de la ville car on ordonnait la démolition des bâtiments pour empêcher l’ennemi de s’y installer.
On s’amuse malgré tout avant le couvre-feu.
« …le feu couvait encore… ». Le port « …n’avait pas oublié les bûchers et les potences… »


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« Maison hanséatique d’Anvers » Lucas van Uden (1595-1672). Lieu de résidence des marchands du nord et de l'ouest de l'Allemagne, désertée et transformée en entrepot pendant l'invasion espagnole.







Par Catherine Beaucourt - Publié dans : Rubens
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /Oct /2007 12:22
A PROPOS DE " L'ELEVATION DE LA CROIX"  DE P. P. RUBENS
 


LA FORMATION DE RUBENS


    La famille Rubens s’était exilée en Westphalie et c’est à Siegen que naquit Pierre-Paul le 28 juin 1577. Il arriva à Anvers à l’âge de dix ans.
 
    Grâce aux efforts acharnés de la population, la ville sortit de ses ruines, la vie intellectuelle et culturelle reprit son cours.
 
    Rubens choisit un premier maître, parent de sa mère, Tobias Veraecht.

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Tobias Vereacht. Gravure vers 1600. C’est une représentation de « l’âge mythique de l’argent, époque où l’abondance prédominait grâce au travail des hommes. »


    Agé de 23 ans, il partit en Italie où il étudia, copia les maîtres de l’Antiquité, de la Renaissance, et s’inspira de ses contemporains Tintoret, Caravage, Guido Reni, etc.
 
    Il était depuis peu à Rome lorsqu’il reçut une commande importante. L’archiduc Albert des Pays-Bas avait été critiqué par le Vatican pour son manque de conviction religieuse. Pour apaiser ces critiques, il chargea son représentant à Rome de passer une commande, à ses frais, d’un triptyque pour la chapelle Sainte-Hélène de l’église Sainte-Croix-de-Jérusalem. La commande fut passée à Rubens, et ce fut une occasion exceptionnelle.
 
    L’œuvre existe toujours bien qu’endommagée. Sur le panneau central, Rubens peignit Sainte Hélène, sur le volet de droite  le Couronnement d’Épines (Ecce Homo) et sur celui de gauche l’Élévation de la Croix. La face du Christ rappelle un tableau de Titien sur le même sujet. Le peintre italien s’était inspiré de deux célèbres sculptures grecques : le « Torse du belvédère » et le  « Laocoon ».
 
Rubens n’emprunta que la forme globale. Le visage et le corps du Christ expriment la lassitude et l’immobilité causées par la douleur.
 
    Ce tableau est rendu mémorable par l’expression tragique de la figure centrale.
 
Rubens avait eu des maîtres en Flandres, en Italie, mais il ne faut pas oublier qu’il avait fait son apprentissage dans les livres. Son amitié avec Balthazar Moretus, petit-fils de Charles Plantin, a été capitale pour sa formation.
 
   On ne peut d’ailleurs pas évoquer Anvers et Rubens en oubliant la famille Plantin-Moretus.

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Christophe Plantin (1576).
Cet imprimeur tourangeau a implanté l’imprimerie « Le compas d’or » à Anvers en 1555.


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« Constance et travail », devise de Plantin d’après un dessin de Rubens (1627-1628)


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L’imprimerie Plantin est une des plus modernes d’Europe.


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Place du marché du vendredi, l’imprimerie est devenue le Musée Plantin-Moretus en 1876.


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Ecritoire de Charles Plantin.

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Les documents sont conservés dans des armoires grillagées.

DSCN3715.JPG Salle de lecture


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Liste des livres mis à l’ « Index Librorum Prohibitorum ». Leur lecture était interdite aux catholiques de 1559 à 1917.



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Alphabets romains, grecs et hébraïques, boîtes allemandes achetées
 par Charles Plantin à la « Grande Foire aux livres de Frankfort ».

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Rubens eu l’occasion de consulter des ouvrages rares et de valeur.
Ici, page de Messe de La Hèle, 1527.


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Bible royale du 9 juin 1572

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Ouvrage de 1582



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Page de titre de la Bible achevée d’imprimer à Anvers par Charles Plantin en 1575.
Mis à l’Index, l’ouvrage ne fut en vente qu’en 1580.

    Rubens recopia les xylographies de l’édition de la Bible en huit volumes, imprimée en plusieurs langues : latin,grec, hébreu et araméen. L’ouvrage comprenait 170 gravures sur bois conçues à partir de dessins de Tobia Stimmer.


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Episode tiré de la Bible, xylographie de Tobias Stimmer.


    Rubens vécut à une époque fortement marquée par la Contre-réforme catholique. Il fallait redonner un élan spirituel, et avec le renouveau religieux, on vit apparaître des livres pieux en quantité et il y eut une demande accrue de représentations du Christ en croix.

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Page d’un livre réalisé par le frère jésuite Nadal en 1593. La xylographie est de Hieronymus Wiericx d’après Bernardo Passeri. C’est la première représentation de l’Élévation de la Croix.

 

    La figure du Sauveur mourant, symbole de rédemption, était recherchée pour les églises, les chapelles des demeures bourgeoises et par tous les fidèles voulant faire preuve de dévotion.
 
     L’esprit de la Contre-réforme s’appuyait sur la vision tragique de l’Homme-Dieu en proie à la souffrance, et il n’était pas facile de traiter le thème du crucifié de façon originale. Il fallait suivre les Écritures et les exigences des commanditaires.







Par Catherine Beaucourt - Publié dans : Rubens
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Dimanche 14 octobre 2007 7 14 /10 /Oct /2007 17:12
A PROPOS DE L’ÉLÉVATION DE LA CROIX  DE P. P. RUBENS

LA COMMANDE DU TRIPTYQUE



    Rubens est contacté à son retour d’Italie par les propriétaires de l’église Sainte-Walburge d’Anvers afin d’exécuter un tableau pour le maître-autel.

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L’église Sainte-Walburge et le marché au XVIIème siècle.

    Les tractations et la préparation du support ont nécessité plusieurs mois. On pense que cela avait commencé oralement pour la commande dès 1609.                        C’est le marchand et mécène Cornelis van der Gest (1555-1638) qui dirigea les transactions. Le 17 juin 1610, après une rencontre à l’auberge « Klein Zeeland » avec Cornelis van der Gest, Rubens reçoit un premier acompte de 1000 florins sur le total des 2600 demandés. Il recevra quatre autres paiements entre le 2 août 1611 et le 1er octobre 1613.



Cornelis van der Gest par Van Dyck habitait près de l’église

    Auparavant, le 17 mai 1610, le prêtre et les propriétaires de l’église font une quête pour rassembler des fonds destinés à l’agrandissement de l’édifice et à la construction d’un retable. Et c’est là la première trace écrite.
 
    Des maçons construisent un autel de marbre, support du retable qui doit être obligatoirement en bois, selon la tradition. Il était impensable de travailler sur une toile pour une église.
 
    Le panneau central est posé directement sur l’autel. Rubens le peindra in situ. Le peintre paie les panneaux de bois comme c’est la coutume, ainsi que les ouvriers de l’amiral de l’Escaut qui ont tendu la toile prêtée par le capitaine de l’Escaut afin de masquer aux fidèles son travail pendant la réalisation de l’œuvre.

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Vue d’Anvers en 1644.

    En acceptant cette commande, Rubens a du s’adapter aux contraintes techniques car il débutait dans le métier. Il s’agissait tout d’abord de peindre sur du bois car il n’avait pas l’habitude de ce support. Il s’est rendu compte que les panneaux de bois bien préparés permettaient des coloris plus rayonnants que sur la toile avec de la peinture à l’huile. C’est très important pour un travail de si grand format car la Contre-réforme dominait et les jésuites étaient passés maîtres dans l’art de ramener les fidèles en les subjuguant.

Saint-Charles Boromée


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Ce fut l’apothéose avec la construction de l’église Saint-Charles Boromée à laquelle Rubens participa activement quelques années plus tard (plans et décoration).


    Tout en respectant la tradition du retable flamand, panneau central auquel on ajoutait des charnières et des volets latéraux, il fallait que ce soit gigantesque et somptueux, “ en mettre plein la vue ”. Le retable devait attirer le regard des fidèles car il était placé auprès du tabernacle : il fallait insister sur le sacrement de l’Eucharistie.
 
    L’œuvre devait être grande car la distance de 19 marches qui surélevaient l’autel était d’importance.
 
    On devait voir de loin ce qu’il y avait sur les panneaux, c’était le polyptyque le plus grand des Flandres fixé sur un autel en marbre.
 
    A l’origine, il fut construit par le menuisier de la guilde de Saint-Luc, Hans van Haecht (1557-1621). C’est lui qui vérifia la conformité de la commande en 1613.






Par Catherine Beaucourt - Publié dans : Rubens
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