Texte Libre

Bonjour !

Je me nomme Catherine Beaucourt. Vous êtes parvenus sur mon blog par Google ou Yahoo peut-être, les mots de recherche y conduisant sont assez nombreux.

Je suis peintre, artiste-peintre comme certains préfèrent, et plus exactement peintre et matiériste.

Mes peintures sont pour le moment, soit inspirées de recherches historiques et religieuses, soit par des souvenirs d'enfance.

Quelle que soit leur inspiration, ma technique reste la même, peinture et textile.

Chaque toile a son histoire et une explication bien précise. Beaucoup de mes "clients" et/ou amis aiment ces histoires, je pense à Angela, je pense à Bas et Bart, et à beaucoup d'autres. C'est à leur demande que j'écris ce blog et cest pourquoi vous allez y trouver, outre de la peinture, l'impression d'entrer dans une vaste mercerie.


Si vous voulez connaître ma peinture, il faut entrer dans le jeu des chiffons et autres dentelles.

                

C
e blog n'est pas qu'une suite d'articles (dentelles, broderie, fil...) mais une histoire cohérente (j'espère), la mienne et celle de mon travail.

A l'intention des élèves de Terminale 2008, 2009, 2010, j'ai fait des recherches sur une oeuvre inscrite à leur programme : " L'Elévation de la Croix " de Rubens qui se trouve en Belgique, dans la cathédrale d'Anvers. J'espère leur être d'un quelconque secours avec ces quelques lignes et photos. Ce sera pour les autres visiteurs peut-être une découverte, ou un rappel, ou tout simplement une petite promenade à Anvers.

Je vous souhaite autant de plaisir à le lire que j'en ai eu à l'écrire.

Bien amicalement à vous,

Catherine

Mardi 22 janvier 2008

Tissage - Toile

    Grâce à « Aucassin et Nicolette », la chanson de geste trouve la liaison avec le roman. Par la voie de la chanson de Trouvère appelée «  chanson d’histoire » ou « chanson de Toile » débute le roman à l’eau de rose. C’est l’appellation chanson de toile qui a retenu mon attention. La Belle qui raconte l’histoire file et tisse en attendant son amoureux parti à la guerre, mieux à la croisade… Le seul Trouvère, auteur de « chansons de toile » que nous connaissons est Audefroi le Bâtard. Ses chansons sont de touchantes narrations d’amours légendaires qui s’accordent avec la tradition folklorique du XIIIème siècle, « Belle Yolande », « La fille du roi et le méchant mari », « Belle Doette », « Argente ou l’épouse outragée »

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Musiciens de l’époque médiévale

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Lorsque j’ai fait la connaissance d’Esther Lamandier, elle donnait un récital de chants araméens à l’abbaye de Sénanque (Vaucluse). Elle s’accompagnait d’une harpe semblable à celle-ci.


 
    A cette époque, j’étudiais les rapports qui pouvaient exister entre le texte, le textile et la tessiture de la voix. Esther (www.estherlamandier.com)  avait enregistré des « Chanson de toile » et nous avions beaucoup parlé de nos recherches respectives. Souvent nous étions interrompues par le Père Grégoire, hermite du lieu , qui se moquait de notre sérieux. Elle chantait « La ville des Saintes », et c’était beau.

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Série "Chansons de toile", 1986

    Le tissage, le tissu, ont jalonné ma vie de façon exemplaire ! Lorsque je faisais du tissage et de la tapisserie, le plus beau tissu que j’aie produit s’appelait « Roues sur le Chemin de Belle-Île ». Il m’en reste un morceau, bien rangé. Mais où ? Le tissage est un travail de création, un enfantement.

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J’ai retrouvé le morceau de tissage « Roues de chariot sur le chemin de Belle-Île ».
(Années 70)


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  Autres tissages de la même période (années 70).

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  Le temps semblait suspendu quand le métier était tendu par les fils de chaîne.
 
  Le tissu terminé, on coupe les fils qui le retiennent au métier.

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Lorsque je « rentrais » dans le métier à tisser, j’avais l’impression

de m’isoler du monde entier.       

Tisser, c’est créer des formes nouvelles. Je fabriquais des vêtements rustiques.


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Toisons non filées et laines naturelles.

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   Laine filée à la main et teintures végétales


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Je filais la laine avec ce rouet fabriqué par mon père


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Un vieux tissu n’est pas nécessairement ancien.

undefinedDès qu’il est usagé, raccommodé, effiloché, troué, il attire mon attention


    Pendant plus de dix ans, j’ai fabriqué des tissus, ceux qui sont restés sont vieux et souvent usagés. J’ai incorporé des sets de table en lin au motif « ceinture de moine » dans une toile : « Les Grandes Dames jaunes ».
    Le tissage est un enchevêtrement de matières filiformes qui se transforment en surface plane.

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L’Armure-Toile, Maaseh Oreg en hébreu, est le tissage que je préfère.
Il fournit le tissu simple de la vie quotidienne.


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Ce « tissu idéal » se retrouve dans la toile « Cadeau aux mariés de Mèze ».

 

    Je garde des morceaux de lin épais, de coton, les plus rustiques possibles. Madame Pélissier, ma couturière de voisine, m’en fournit tant et plus.


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Toile rustique bordée de dentelle au point d’Irlande



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« Sainte Ursule ». Restes de tissages de lin coloré à la cochenille

    Lorsque j’ai commencé à véritablement peindre, l’armure-toile a été décisive dans mes créations picturales. J’ai beaucoup tressé de papiers, de métaux, de tissus…

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Graphisme reprenant l’organisation toile + texte (1986)



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Tressage de bandes d’anciens dessins.


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Illustrations pour « Les Psaumes ».


undefinedGravure sur bois



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Pierre noire



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Pastel


undefinedEncre



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Encre



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Encre



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Encre



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Encre – aquarelle



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Encre – aquarelle



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Encre sur papier de soie



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Encre sur papier de soie



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Encre sur papier de soie



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Le cocon de Marie l’Egyptienne était à l’origine un grand dessin-tressage transformé en un volume puis devenu le corps de la sainte.

 

    Symbole du destin, fils, tissus, métiers à tisser, servent à désigner tout ce qui intervient dans notre vie. C’est aussi une histoire qui remonte à la nuit des temps.





par Catherine Beaucourt publié dans : Histoire du tissu
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Mercredi 17 octobre 2007

A PROPOS DE " L'ELEVATION DE LA CROIX " DE P. P. RUBENS

INTRODUCTION

 

         Au mois de juin dernier, Monsieur Motré, Inspecteur Académique, nous a informé du choix de la nouvelle œuvre inscrite dans le programme limitatif à l’option Arts Plastiques du baccalauréat 2008 : le triptyque de « l’Élévation de la Croix » de P. P. Rubens à Anvers.

 


DSCN7359-copie-1.JPGDétail du panneau central

    Eric Barthélémy, agrégé d’Arts Plastiques, avait planché sur le sujet et préparé une intervention. Peu concernée par le programme, puisque j’arrête d’enseigner, j’écoutais, curieuse cependant, car il s’agissait d’Anvers, la ville de mes rêves et de mes réalités. J’habite la Provence, et lorsque j’annonce mon désir d’habiter les Flandres, on se moque ! Certes, y habiter, mais pas tout le temps…

 



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Façade sur la Place Verte


PICT0490.JPG Le Steen



PICT0602.JPGL’Escaut



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La Cathédrale


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Le Steen


DSCN3882.JPGL’Escaut

DSCN3894.JPGLa Cathédrale



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Temps clément… Il ne pleut pas encore.


DSCN3586.JPGBrume et crachin en février

DSCN3712.JPGLa Maison Plantin-Moretus

    Monsieur Motré a parlé de Sainte Walburge, j’ai compris que j’étais très impliquée puisque je travaillais alors sur une sculpture : « Le débarquement de Sainte Walburge à Anvers ». Ce travail est parti début août pour Toulouse. J’avais également une série de travaux sur « les voyages » de cette même sainte.
         J’ai glané quelques informations auprès d’amis, je les communiquées à Monsieur Motré, mais c’était truffé d’erreurs car issues de traductions du néerlandais plus qu’approximatives.
         J’ai promis des recherches plus abouties pour la fin de l’été, les voilà.
         J’ai orienté ce travail sur la commande, la présentation d’après une représentation, la restauration, les hommes de dos… des pistes sans plus.
         Mais ce sont les quatre saints représentés au revers des volets qui correspondaient à mon travail pictural et qui ont retenu mon attention, Théodechilde de Jouarre avait fait l’objet d’un travail il y a deux années, Sainte Gudule également. C’était dans la lignée, et particulièrement Sainte Walburge : l’église détruite était un mystère.
         Pour obtenir tous ces renseignements, j’ai eu des « fournisseurs » d’élite tel Paul Hendricx, historien d’Anvers, Brigitte Rickaert, toujours à l’affût et toujours disponible, Marleen Clercx, spécialiste de la ville et du vieux flamand, Willy et Danielle Clercx, ses parents, maintenant des amis. Danielle a fait des recherches avec son fils au Rubenianium, le centre d’Art Baroque Anversois. Nous avons passé des soirées délicieuses et passionnantes dans le jardin cet été.
         Je ne peux omettre Godelieve, mon amie et patiente traductrice, capable de faire du ciment et de la traduction en même temps. Sans elle, Anvers me serait totalement inconnue.
         Et bien sur Jean-Pierre sans qui je n’aurais jamais rien fait, ni peinture, ni sculpture, ni rien.
         En écrivant cette réflexion, j’ai beaucoup pensé à Célia, Marie, Claire, Estelle, Luc et Gaby, Cécile et Clémence.

Les Beylons, le 1er septembre 2007

 

 

par Catherine Beaucourt publié dans : Rubens
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Mardi 16 octobre 2007
A PROPOS DE " L'ELEVATION DE LA CROIX"  DE P. P. RUBENS

LE CONTEXTE HISTORIQUE

        

         Vers 1560, Anvers était une des plus grandes villes du monde car elle comptait plus de 100.000 habitants.

DSCN7689.JPGLes Flandres au XVIème siècle.
Carte tirée de Guichardin, imprimée à Anvers par Plantin en 1588.



DSCN7613.JPGP. Brueghel, détail de « La grande tour » (1563).
«  A ce jour, Anvers compte 13 500 maisons » écrit Ludovico Guiccardini, diplomate italien en 1563.

        
   
La ville devint la première métropole commerciale de toute l’Europe occidentale lorsqu’on abandonna les anciennes routes maritimes pour contourner l’Afrique et traverser l’Atlantique. Venise et Gènes perdirent de leur importance.


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Détail de la Grande Tour de P. Brueghel.


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Plus de cent navires accostaient chaque jour dans le port fluvial.
Les « Kraeks » des Flamands transbordaient leur chargement sur des radeaux à fond plat.


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Port d’Anvers »
Gravure anonyme du XVIIème siècle.
Plus de mille négociants exportaient de la bière, des tapisseries, de la toile de lin…


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… des articles en or et en argent comme ce pendentif
en forme de nef, émail, or et perle baroque (fin XVIème).


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On exportait des faïences d’Anvers fort recherchées.
Chevrette XVIème/XVIIème siècle.


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On échangeait dans le port du vin français, du blé de la Baltique, des soieries italiennes, du verre vénitien, des épices des Indes et des vases d’Extrême-Orient.
Vase de la collection Plantin-Moretus.


Bourse d’Anvers au XVIème siècle. La ville est un haut lieu de la finance.

    Les maisons de commerce envoyaient leurs représentants à Anvers qui attirait ces étrangers grâce à des privilèges, tout en les considérant avec méfiance. Ville cosmopolite, elle fut vite comparée à la Tour de Babel.

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Porte d’Anvers au début du XVIIème siècle. La célèbre grue.

    Cette prospérité fut anéantie par l’invasion espagnole. La mainmise de l’Espagne fut catastrophique, le pays divisé. Les Provinces unies, au nord, avaient adopté la doctrine de Calvin. Le sud était sous contrôle direct de l’Espagne catholique. 

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Les dégâts du siège espagnol furent terribles.
Les émeutes de novembre 1573 ont anéanti la ville et ont mis fin à sa prospérité.


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Scène de massacre sur les rives de l’Escaut où des milliers de personnes furent tuées.

    L’Escaut, tombé aux mains des Hollandais, privait la ville de tout échange maritime ; elle fut détrônée par Amsterdam. Les maisons tombèrent en ruine, la ville fut abandonnée : famine, épidémies…


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Jacob Grimmer « Anvers vue du Kiel (1578).

Sur la route de Hoboken, on voit dans le lointain la ville avec les décombres de la citadelle détruite en 1577 et devenue une colline pleine de verdure. Beaucoup de maisons sont en ruine autour de la ville car on ordonnait la démolition des bâtiments pour empêcher l’ennemi de s’y installer.
On s’amuse malgré tout avant le couvre-feu.
« …le feu couvait encore… ». Le port « …n’avait pas oublié les bûchers et les potences… »


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« Maison hanséatique d’Anvers » Lucas van Uden (1595-1672). Lieu de résidence des marchands du nord et de l'ouest de l'Allemagne, désertée et transformée en entrepot pendant l'invasion espagnole.







par Catherine Beaucourt publié dans : Rubens
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