Mardi 9 octobre 2007
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A PROPOS DE " L’ÉLÉVATION DE LA CROIX " DE P. P. RUBENS
LA RESTAURATION DU TRIPTYQUE
Le polyptyque connut une douce tranquillité jusqu’en 1794.
Les français occupèrent la ville une première fois de 1792 à
1793, puis de 1794 à 1814. Anvers était devenue le chef-lieu du département français des Deux-Nethes, sous l’Empire.
Le triptyque est transféré à paris en 1794 et il est exposé dans la Grande Galerie du Louvre
jusqu’en 1815. Après la défaite de Napoléon, il est ramené à Anvers.
Entre temps, l’église a été détruite ou en passe de
l’être.
En 1816, on l’installe dans la cathédrale d’Anvers en échange de deux autres tableaux, contre le gré de la
communauté religieuse à laquelle il appartenait.
Intérieur de la cathédrale d’Anvers.
Le triptyque installé dans la cathédrale.
L’œuvre doit subir de sérieuses restaurations.
Le rapport du 13 février 1841 de F. Berckmans et G. Wappers, assistés de A. Krelinger, est catastrophique.
Le tableau était « parsemé de grandes taches de la largeur d’environ deux mains où la couleur est gercée et fendillée, et d’autres où la couleur est entièrement détachée du panneau (…). Nous
avons particulièrement remarqué que la couleur de la poitrine du Christ est très fendillée et accuse une grande dégradation, que la couleur de la gorge du Christ est sur le point de tomber ainsi
que celle du bras (…) l’un de ses bras commence à peler. En conséquence nous n’hésitons pas à dire que ce tableau se trouve dans un très mauvais état. »
Les restaurateurs donnent des consignes : premièrement, il faudrait enlever le vernis là où il est
devenu blanc, plus ou moins opaque ou chanci, en y procédant avec une grande prudence, et en évitant autant que possible l’emploi de mordants. Ensuite, il faudrait mastiquer et restaurer les
pièces détachées, sans vouloir enlever les repeints qui pourraient y avoir été faits antérieurement, afin d’éviter les accidents graves qui pourraient en résulter. Secondement, il faudrait
fixer de nouveau sur les panneaux les parties écaillées ainsi que celles qui tentent de se détacher de la préparation, et qui par la suite finiraient par tomber ; à cet effet, on doit
employer comme étant le meilleur procédé, de la colle de poisson fondue dans du vinaigre et du jus d’ail, que l’on fait pénétrer entre la préparation et le panneau sur les parties malades que
l’on raffermit au moyen d’un papier léger qu’on applique jusqu’à ce que la colle soit sèche. On y repassera ensuite, à deux ou trois reprises, un polissoir légèrement chauffé.
La plus importante restauration fut exécutée en 1849-1850 par les établissements Le Roy et I. van
Regemoter.
En 1856, on replace l’œuvre dans la cathédrale après avoir construit des
porches à l’intérieur. On l’installe dans le transept à côté de la « Descente de Croix ».
Une nouvelle
polémique est entamée au sujet du vernissage du triptyque. La Commission Provinciale des Monuments souhaite un nouveau vernissage mais Albrecht de Vriendt s’y oppose farouchement. Plusieurs
autres nettoyages et restaurations peu judicieux eurent lieu entre 1918 et 1946.
Au XIXème siècle, l’œuvre est étudiée sous tous ses aspects.
Etude de l’architecte Bilmeyer fin XIXème.
Profil des cadres qui comprennent chacun 15 à 16 mortaises.
Lors d’une récente restauration, on a trouvé surpeint, un cadre de la
grandeur des esquisses des volets qui représentaient Sainte Walburge et Sainte Catherine.
On a vu également que la construction avait été difficile par les dimensions
extraordinaires pour l’époque. Le constructeur du panneau central a fait une composition homogène de planches horizontales de mêmes dimensions.
Sur les volets, on a utilisé la plus grande dimension de panneau possible à laquelle
on a ajouté des petits panneaux rectangulaires, sans se soucier du sens du bois, de fil ou de bout. C’est ce qui a causé malheureusement des problèmes de conservation dus à des
fissures.
On était déjà conscient du problème à l’époque car la guilde de Saint-Luc
vérifie, en 1613, quelques panneaux après l’achèvement du travail.
Le triptyque tel qu’on peut le voir actuellement.
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